Convoité par presque tous les intérieurs, le meuble de métier remporte les suffrages par ses lignes simples, ses matériaux brutes et les nombreuses formes qu’il adopte. Quelques pistes pour bien le choisir et dénicher une pièce authentiquement ancienne.

Les meubles de métier anciens : témoins du travail et du savoir-faire

Ceux des artisans du XIXe et des XXe siècles sont l’objet d’un intérêt récent. Pourtant, le charme de l’usage ou leur préciosité ont permis à d’autres, beaucoup plus anciens, d’être transmis au fil du temps, jusqu’à devenir de véritables meubles de collection.

Car les meubles de métier anciens occupent une place singulière dans l’univers des arts décoratifs. Conçus avant tout pour un usage professionnel, ils se doivent naturellement d’être robustes, fonctionnels bien avant d’être esthétiques. Leur raffinement intervient uniquement si le meuble est visible de la clientèle. Sinon, il faut d’en tenir à des lignes sobres, qui ne gênent pas le labeur quotidien ni n’encombrent l’espace de l’atelier ou de l’arrière-boutique.
Aujourd’hui très recherchés par les collectionneurs, les décorateurs et les amateurs, ces meubles uniques racontent des métiers, des gestes répétés et des matériaux à travers les siècles.

Époques et usages : du Moyen Âge au début du XX siècle

Sans doute les meubles de métier sont aussi anciens que les métiers eux-mêmes. Toutefois, ils semblent se multiplier au Moyen-Âge, et quelques-uns nous sont parvenus. Mais ce sont surtout les XVIIe, XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles qui marquent leur apogée. Chaque profession parfait alors un mobilier qui lui est spécifique : comptoirs de commerce, établis d’artisans, banques de métier, meubles de mercerie, d’apothicaire ou encore d’imprimerie.

Souvent influencés par les styles régionaux et les techniques traditionnelles, ces meubles sont fabriqués par des menuisiers locaux, avec une recherche d’efficacité plus que d’ornement. Le XIXᵉ siècle, porté par l’essor du commerce et de l’artisanat urbain, voit se multiplier les meubles à tiroirs, à casiers ou à compartiments, pensés pour le classement et le rangement rationnel. Au début du XXᵉ siècle, l’industrialisation introduit des lignes plus standardisées et parfois des éléments métalliques, sans pour autant faire disparaître le bois comme matériau principal. Après la seconde guerre mondiale, et une fois la pénurie de métal passée, les meubles métalliques se multiplient.

Ancienne table de drapier-passementier, fin XIXe siècle
Ancienne table de drapier-passementier, fin XIXe siècle

Essences de bois : robustesse et disponibilité

Pour tous les meubles de métier en bois, le choix des essences de bois répond avant tout à des critères de solidité, de durabilité et de coût. Le chêne est sans doute le bois le plus emblématique : dense, résistant et peu sensible aux chocs, il était privilégié pour les établis, les comptoirs et les meubles soumis à une forte sollicitation. Le hêtre, apprécié pour sa dureté et sa relative homogénéité, était souvent utilisé pour les tiroirs et les parties internes.

Le pin, le sapin ou l’épicéa apparaissent fréquemment dans une production de meubles de métier plus modestes ou dans les régions où ces essences étaient abondantes. Bien que plus tendres, ces bois offrent une patine chaleureuse avec le temps. Le noyer, plus rare et plus coûteux, se rencontre parfois dans des meubles liés à des métiers de prestige ou destinés à des boutiques de centre-ville.

Table de boucher. Napoléon III, XIXe siècle
Table de boucher. Napoléon III, XIXe siècle

Authentiques et copies : savoir les distinguer

La popularité croissante des meubles de métier anciens a entraîné l’apparition de nombreuses copies et reconstitutions. Si certaines sont de qualité et assumées comme telles, d’autres cherchent à imiter l’ancien de manière trompeuse. Distinguer un meuble authentique d’une reproduction nécessite une observation attentive et le conseil d’antiquaires ou d’experts.

Un meuble ancien présente des traces d’usage cohérentes : usure localisée sur les poignées, les chants ou les plateaux, fréquemment des irrégularités dans les assemblages, différences subtiles de teinte dues au vieillissement naturel du bois. Les assemblages traditionnels — queues-d’aronde irrégulières, tenons et mortaises — sont souvent un bon indicateur d’ancienneté. À l’inverse, des usures artificielles trop uniformes, des vis modernes ou des bois excessivement homogènes peuvent trahir une fabrication récente.

Meuble de métier, XXe siècle
Meuble de métier, XXe siècle

Un mobilier fonctionnel devenu décoratif

À l’origine utilitaires, les meubles de métier anciens ont aujourd’hui changé de statut. Ils trouvent leur place dans les intérieurs contemporains comme meubles de rangement, îlots de cuisine, bibliothèques ou meubles d’appoint. Leur force réside dans leur capacité à conjuguer authenticité, histoire et fonctionnalité.

Choisir un meuble de métier ancien, c’est intégrer dans son intérieur un objet témoin de la petite histoire, du quotidien de métiers parfois disparus aujourd’hui. Entre patrimoine artisanal et design intemporel, ces meubles continuent de séduire par leur vérité et leur présence, bien au-delà des modes.

Meuble de métier, première moitié du XXe siècle
Meuble de métier, première moitié du XXe siècle

L'auteur, pour la Maison Pipat :


Marielle Brie de Lagerac

Marielle Brie de Lagerac est historienne de l’art pour le marché de l’art et de l’antiquité et auteur du blog « Objets d’Art & d'Histoire ».

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