{"id":97375,"date":"2022-02-25T20:05:23","date_gmt":"2022-02-25T19:05:23","guid":{"rendered":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/?p=97375"},"modified":"2024-02-10T17:10:11","modified_gmt":"2024-02-10T16:10:11","slug":"reconnaitre-le-style-louis-xvi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/reconnaitre-le-style-louis-xvi\/","title":{"rendered":"Reconna\u00eetre le style Louis XVI"},"content":{"rendered":"<div class=\"wpb-content-wrapper\"><p>[vc_row unlock_row_content=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb row_height_percent=\u00a0\u00bb0&Prime; override_padding=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb h_padding=\u00a0\u00bb2&Prime; top_padding=\u00a0\u00bb1&Prime; bottom_padding=\u00a0\u00bb5&Prime; overlay_alpha=\u00a0\u00bb50&Prime; gutter_size=\u00a0\u00bb3&Prime; column_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; shift_y=\u00a0\u00bb0&Prime; z_index=\u00a0\u00bb0&Prime; row_height_use_pixel=\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb][vc_column column_width_use_pixel=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb gutter_size=\u00a0\u00bb3&Prime; font_family=\u00a0\u00bbfont-134980&Prime; overlay_alpha=\u00a0\u00bb50&Prime; shift_x=\u00a0\u00bb0&Prime; shift_y=\u00a0\u00bb0&Prime; shift_y_down=\u00a0\u00bb0&Prime; z_index=\u00a0\u00bb0&Prime; medium_width=\u00a0\u00bb0&Prime; mobile_width=\u00a0\u00bb0&Prime; zoom_width=\u00a0\u00bb0&Prime; zoom_height=\u00a0\u00bb0&Prime; column_width_pixel=\u00a0\u00bb800&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb171324&Prime;]Intronis\u00e9 en 1774, Louis XVI (1754 &#8211; 1793) marque de son nom les arts de son \u00e9poque. Pourtant, c\u2019est moins \u00e0 sa bonhomie naturelle et ses go\u00fbts simples que l\u2019on doit le style \u00e9l\u00e9gant qui caract\u00e9rise le mobilier et les arts d\u00e9coratifs fran\u00e7ais sous son r\u00e8gne. Son \u00e9pouse, la dauphine puis reine Marie-Antoinette (1755- 1793), aux go\u00fbts joyeux, raffin\u00e9s et luxueux, donne le ton dans ce domaine comme dans celui de la mode. D\u00e9j\u00e0, le style Transition avait adouci les lignes exub\u00e9rantes d\u2019un Rocaille devenu pesant. Les fouilles entreprises \u00e0 Herculanum en 1738 puis \u00e0 Pomp\u00e9i en 1748 permettent de mettre \u00e0 jour des objets d\u2019art qui vont \u00e9veiller un engouement europ\u00e9en pour le style antique, style qui fera na\u00eetre nombre de variantes jusqu\u2019au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, parmi lesquels le style n\u00e9oclassique, pomp\u00e9ien ou encore \u00e9trusque.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Vers 1770, se dessinent les grandes lignes du style Louis XVI, un style \u00e9tonnement polymorphe. En quelques ann\u00e9es, il produit aussi bien des meubles marquet\u00e9s d\u2019attributs caract\u00e9ristiques, orn\u00e9s parfois de plaques de porcelaine et de bronzes que des meubles sobres d\u2019une \u00e9tonnante modernit\u00e9 et largement influenc\u00e9s par les styles anglais Early Georgian et n\u00e9oclassique de Robert Adam (1730 &#8211; 1794).[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97386&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb626761&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb394104&Prime;]Les int\u00e9rieurs am\u00e9nag\u00e9s selon les go\u00fbts de Marie-Antoinette vont constater l\u2019\u00e9volution de ce style \u00e0 travers des commandes aupr\u00e8s de tous les plus grands artistes et artisans de l&rsquo;\u00e9poque.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Sur des dessins des ornemanistes Jean-Fran\u00e7ois Neufforge (1714 &#8211; 1791) ou de Jean-Charles Delafosse (1734 &#8211; 1791), le style antique se d\u00e9cline en un r\u00e9pertoire dans lequel puisent les \u00e9b\u00e9nistes les plus en vue de l\u2019\u00e9poque. Dans la premi\u00e8re partie de ce style, les \u00e9l\u00e9ments antiques convolent avec des fleurs, des guirlandes et des palmettes, des n\u0153uds de ruban et des motifs l\u00e9gers faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la musique, la science. Puis dans sa derni\u00e8re \u00e9volution, le style Louis est d\u2019une d\u00e9concertante sobri\u00e9t\u00e9 ornementale. Quelques motifs \u00e0 l\u2019antique demeurent encore, essentiellement dans les marqueteries ou dans les laitons, cuivres ou bronzes d\u2019ornements qui se r\u00e9sument de plus en plus \u00e0 des poign\u00e9es de tirage, serrures et des galeries d\u00e9coratives. Le Consulat, le Directoire et l\u2019Empire h\u00e9riteront de cette sobri\u00e9t\u00e9 qu\u2019ils remod\u00e8leront \u00e0 leur mani\u00e8re.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb154984&Prime;]Reconna\u00eetre le mobilier Louis XVI[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb647854&Prime;]Les lignes du mobilier s\u2019assagissent apr\u00e8s que les styles Louis XV et Transition ont explor\u00e9 l&rsquo;art du mouvement, du plus exub\u00e9rant au plus souple. N\u00e9anmoins, le style Louis XVI conserve le go\u00fbt pour de nombreux petits meubles \u00e0 l\u2019usage tr\u00e8s sp\u00e9cifique qui ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us au cours du r\u00e8gne pr\u00e9c\u00e9dent. Les formes des b\u00e2tis et des plateaux deviennent g\u00e9om\u00e9triques : rectangulaire, rond ou ovale et ceint d\u2019une galerie dor\u00e9e, le plus souvent en cuivre. La <a href=\"https:\/\/www.napoleon.org\/magazine\/plaisirs-napoleoniens\/la-bouillotte-ou-le-poker-du-jeu-xixe-siecle\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">table bouillotte<\/a> fait son apparition et tire son nom d\u2019un jeu de carte \u00e0 la mode.<\/p>\n<p>Les commodes, les encoignures et les consoles sont droites, souvent assorties, et quelques mod\u00e8les en demi-lune apparaissent. Les bonheur-du-jour, vitrines, secr\u00e9taires et semainiers sont orn\u00e9s de marqueteries fines et \u00e9l\u00e9gantes, parfois plaqu\u00e9s de laques japonaises ou europ\u00e9ennes obtenues gr\u00e2ce au <a href=\"https:\/\/madparis.fr\/les-secrets-de-la-laque-francaise\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">vernis Martin<\/a>.<\/p>\n<p>Rappelons-nous que ces petits meubles d\u2019\u00e9b\u00e9nisterie sont l\u2019apanage des classes ais\u00e9es. Il demeure \u00e0 Paris et en province une production de mobilier en bois naturel, souvent de grande taille. Les essences locales sont naturellement pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es et, si le ch\u00eane clair est appr\u00e9ci\u00e9, le noyer l\u2019est d\u2019autant plus &#8211; en particulier dans la r\u00e9gion de Grenoble dont on vante le beaut\u00e9 de ses essences.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97388&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb129785&Prime;][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb190463&Prime;]Les si\u00e8ges Louis XVI[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb932840&Prime;]Ces chaises et fauteuils adoptent un large r\u00e9pertoire de formes de dossier que l\u2019on trouve en raquette, en m\u00e9daillon, cabriolet, en lyre ou encore en chapeau. Souvent, deux colonnettes d\u00e9tach\u00e9es encadrent le dossier et donnent aux si\u00e8ges une allure particuli\u00e8rement \u00e9l\u00e9gante.<\/p>\n<p>Assez r\u00e9guli\u00e8rement, les si\u00e8ges sont laqu\u00e9s de blanc ou d\u2019un discret gris perle, ils sont relev\u00e9s de dorures ou parfois enti\u00e8rement dor\u00e9s. Comme pour la production de meubles, celle de chaises et de fauteuils de style Louis XVI est abondante, pleine de fantaisie et de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et use g\u00e9n\u00e9ralement du h\u00eatre pour les b\u00e2tis.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97396&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb208151&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb882801&Prime;]On reconna\u00eet le mobilier Louis XVI non seulement \u00e0 ses formes et \u00e0 ses ornements mais \u00e9galement \u00e0 la palette de bois qu\u2019il emploie. L\u2019acajou, bien s\u00fbr, est le premier qui vient \u00e0 l\u2019esprit. Mouchet\u00e9, moir\u00e9, ronceux ou chenill\u00e9, le style Louis XVI ne cache pas son faible pour cette essence d\u00e9j\u00e0 employ\u00e9 au r\u00e8gne pr\u00e9c\u00e9dent, en particulier sur le mobilier de port \u00e0 Bordeaux, Nantes et La Rochelle notamment.<\/p>\n<p>Dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle, il est pr\u00e9sent en placage et souvent massif pour les montants. Dans les d\u00e9licates marqueteries qui animent les surfaces des meubles, l\u2019\u00e9b\u00e8ne, le palissandre, le bois de rose et de violette, le sycomore teint, le h\u00eatre, le citronnier, l\u2019\u00e9rable, l\u2019amarante, l\u2019if et le noyer sont appr\u00e9ci\u00e9s. Souvent les filets marquet\u00e9s sont cern\u00e9s de deux \u00e9troites baguettes de charme (une essence souvent confondue avec le buis). Le ch\u00eane est surtout employ\u00e9 pour les b\u00e2tis, les fonds et les tiroirs. Le bois est parfois teint au verdet (\u00e0 l\u2019oxyde de cuivre). Le go\u00fbt est aussi aux couleurs douces &#8211; le blanc, gris perle, ivoire, vert et lilas, rose et ivoire &#8211; que l\u2019on aime \u00e0 laquer sur les meubles.[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97282&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb532195&Prime;][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb688541&Prime;]Quelques c\u00e9l\u00e8bres \u00e9b\u00e9nistes du style Louis XVI[\/vc_custom_heading][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb179395&Prime;]<\/p>\n<h3>Jean-Henri Riesener (1734 &#8211; 1806)<\/h3>\n<p>[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb207152&Prime;]D\u2019origine allemande, Riesener rejoint Paris en 1755 et entre au service de Jean-Fran\u00e7ois Oeben dont il \u00e9pouse la veuve en 1763 en m\u00eame temps qu\u2019il devient le directeur de l\u2019atelier. En attendant d\u2019obtenir sa ma\u00eetrise cinq ans plus tard, il estampille ses productions du nom de son ancien ma\u00eetre. \u00c0 partir de 1769 et jusqu\u2019en 1784, il fournit la famille royale et presque exclusivement Marie-Antoinette qui lui passe commande de meubles prestigieux dont l\u2019excellence s\u2019admire autant dans les lignes n\u00e9oclassiques que dans le choix des mat\u00e9riaux.[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97390&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb167157&Prime;][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb557442&Prime;]<\/p>\n<h3>Jean-Fran\u00e7ois Leleu (1729 &#8211; 1807)<\/h3>\n<p>[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb194312&Prime;]\u00c9ternel rival de Riesener \u00e0 qui il ne pardonne pas de lui avoir ravi la succession de l\u2019atelier d\u2019Oeben, Leleu est un des plus parfaits repr\u00e9sentants du style Louis XVI. Ses marqueteries de losanges et de rosaces sont parmi les plus belles et les plus embl\u00e9matiques du style. Les proportions sont parfaites et sa ma\u00eetrise de la sobri\u00e9t\u00e9 admirable. Il fut notamment le principal fournisseur du prince de Cond\u00e9 et de la comtesse du Barry, derni\u00e8re ma\u00eetresse de Louis XV.[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97392&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb208114&Prime;][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb101463&Prime;]<\/p>\n<h3>Martin Carlin (vers 1730-1785)<\/h3>\n<p>[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb200820&Prime;]Re\u00e7u ma\u00eetre en \u00e9b\u00e9nisterie \u00e0 la fin du mois de juillet 1766, Martin Carlin est incontestablement le sp\u00e9cialiste le plus reconnu des meubles incrust\u00e9s de plaques de porcelaine. Il ne fut jamais fournisseur officiel de la Couronne tout en \u00e9tant l\u2019auteur de nombreux meubles acquis, entre autres, par Marie-Antoinette, la comtesse de Provence et la comtesse du Barry.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Carlin commandait directement les plaques de porcelaine tendre destin\u00e9es \u00e0 son mobilier \u00e0 la manufacture de S\u00e8vres. Il brilla \u00e9galement dans les meubles plaqu\u00e9s de laques de Chine ou europ\u00e9ennes. Sa production est essentiellement faite de petits meubles d\u00e9licats et pr\u00e9cieux bien qu\u2019on compte quelques pi\u00e8ces spectaculaires comme des secr\u00e9taires et des commodes.[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97394&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb821933&Prime;][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb101916&Prime;]<\/p>\n<h3>Adam Weisweiler (1744-1820)<\/h3>\n<p>[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb572659&Prime;]Sa notori\u00e9t\u00e9 est consid\u00e9rable tant par la qualit\u00e9 de ses productions que par la cr\u00e9ativit\u00e9 dont cet \u00e9b\u00e9niste fait preuve. Il est en effet l\u2019auteur talentueux de toutes sortes de petits meubles inspir\u00e9s de l\u2019antique, en acajou et cuivre dor\u00e9, dans le plus parfait style pomp\u00e9ien. Anim\u00e9 par une fantaisie joyeuse, ce petit mobilier tr\u00e8s haut de gamme regorge de m\u00e9canismes et de secrets qui font le bonheur de leurs propri\u00e9taires. Le mobilier de Weisweiler est simple mais parfaitement architectur\u00e9, l\u00e9ger sans pour autant passer inaper\u00e7us gr\u00e2ce \u00e0 un subtil choix d\u2019essences d\u2019acajou, du thuya, d\u2019amboine et d\u2019\u00e9b\u00e8ne. Il est le premier \u00e0 sertir son mobilier de plaques de porcelaine Wedgewood.[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97399&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb984231&Prime;][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb939955&Prime;]<\/p>\n<h3>Georges Jacob (1739-1814)<\/h3>\n<p>[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb728409&Prime;]S\u2019il est bien un menuisier qui se distingua dans la production de si\u00e8ges de style Louis XVI, c&rsquo;est bien celui-ci. Le plus c\u00e9l\u00e8bre et le plus inventif, si talentueux que son nom et la transmission de ses connaissances favorisa le succ\u00e8s de ses fils sous le Consulat, le Directoire et l\u2019Empire. Les pieds fusel\u00e9s et rudent\u00e9s, les d\u00e9s de raccordement orn\u00e9s de rosaces sont sa sp\u00e9cialit\u00e9 mais il se d\u00e9marque notoirement par l\u2019invention de pied en console qui fait reposer l\u2019assise des si\u00e8ges sur une \u00e9paule en volute. La sculpture puise dans un r\u00e9pertoire riche parfaitement ma\u00eetris\u00e9 : rang de perles ou de piastres, cannelures droites ou torses, traditionnelles feuilles d\u2019acanthes stylis\u00e9es, rinceaux et entrelacs occupent les consoles d\u2019accotoirs et les ceintures des chaises ou fauteuils.<\/p>\n<p>Il r\u00e9alise le c\u00e9l\u00e8bre mobilier \u00ab\u00a0aux \u00e9pis\u00a0\u00bb du Petit Trianon dans une verve naturaliste \u00e9tonnante asseyant tout \u00e0 fait sa r\u00e9putation qui, depuis l\u2019obtention de sa ma\u00eetrise en septembre 1765, n\u2019\u00e9tait de toutes fa\u00e7ons plus \u00e0 faire.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97380&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb370528&Prime;][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb114250&Prime;]L\u2019ornementation du style Louis XVI[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb972205&Prime;]Suivant le mod\u00e8le antique, la sym\u00e9trie prime avant toute chose. Dans sa premi\u00e8re partie, le style Louis XVI jouit d\u2019une fra\u00eecheur charmante, reflet de la jeunesse de la reine et de son go\u00fbt pour la musique, les motifs fleuris et les plaisirs champ\u00eatres : tambourins, paniers d\u2019osier et attributs pastoraux, oiseaux, pommes de pin et rubans, guirlandes de fleurs et t\u00eates d\u2019animaux, feuilles d\u2019acanthes, instruments de musique, chapelet de perles, rosaces et c\u0153urs perc\u00e9s de fl\u00e8ches forment un r\u00e9pertoire surtout marquet\u00e9. Plus tard, ces motifs plaisants sont remplac\u00e9s par des motifs antiquisants : lorsque damiers, triglyphes et frises de grecques apparaissent sur le mobilier, on peut affirmer que la pi\u00e8ce date de la fin du XVIIIe ou du d\u00e9but du si\u00e8cle suivant.[\/vc_column_text][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb177304&Prime;]Les bronzes de style Louis XVI[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb166428&Prime;]Tout comme les motifs propres \u00e0 ce style, les bronzes demeurent discrets et suivent l\u2019\u00e9volution stylistique de la marqueterie. Ils sont dor\u00e9s \u00e0 l\u2019or fin ou remarquablement vernis au \u00ab\u00a0vernis or\u00a0\u00bb (dont la teinte est parfois plus belle que celle de l\u2019or) et adoptent des formes de n\u0153uds de rubans, de t\u00eate de lion, de b\u00e9lier, de pied de biche ou de couronnes fleuries. C\u2019est \u00e9galement l\u2019\u00e9poque qui voit na\u00eetre la dorure au mat qui consiste \u00e0 plonger une pi\u00e8ce, d\u00e9j\u00e0 dor\u00e9e, dans une solution saline. Pour d\u2019\u00e9videntes raisons d\u2019\u00e9conomie, les artisans ne doraient que les parties visibles d\u2019une pi\u00e8ce.<br \/>\nLes clous et les vis qui maintenaient autrefois les bronzes d\u2019ornement sont d\u00e9sormais remplac\u00e9s par des fixations invisibles gr\u00e2ce \u00e0 un goujon soud\u00e9 au revers du bronze et traversant le bois. Le tout est maintenu par un \u00e9crou. Bien entendu, les diff\u00e9rents syst\u00e8mes d\u2019attache peuvent \u00eatre concomitants selon que les artisans ont adopt\u00e9 ou non les derni\u00e8res innovations.[\/vc_column_text][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb112865&Prime;]Les marbres utilis\u00e9s dans le style Louis XVI[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb246000&Prime;]Pour s\u2019accorder \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 des pi\u00e8ces de mobilier marquet\u00e9s ou laqu\u00e9s de couleur douce, les marbres taill\u00e9s \u00e0 la main sont choisis dans des gammes de gris, de blanc, parfois de rouge ou bien joliment vein\u00e9s. Leur provenance est principalement fran\u00e7aise (Pyr\u00e9n\u00e9es, Bretagne, sud de la France) mais on les importe \u00e9galement d\u2019Italie et des Flandres. \u00c0 moins qu\u2019on ne r\u00e9emploie des marbres antiques.[\/vc_column_text][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb121055&Prime;]Les laques de Chine ou le vernis Martin[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb206363&Prime;]Les laques subtiles de la Chine ou du Japon \u00e9veillent non seulement l\u2019envie des aristocrates et de la bourgeoisie mais aussi la jalousie des artisans qui rivalisent d\u2019inventivit\u00e9 pour tenter de percer le secret de ces panneaux brillants. Toujours, le support des laques chinoises et japonaises &#8211; dites v\u00e9ritables &#8211; est en bois exotique. \u00c0 l&rsquo;exclusion pourtant d&rsquo;une production sur bois d\u2019Europe : des panneaux \u00e9taient envoy\u00e9s du continent vers l\u2019Asie pour \u00eatre laqu\u00e9s de sorte que certaines laques v\u00e9ritables ont \u00e9t\u00e9 appos\u00e9es sur des plaques d\u2019essence europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Quant au vernis Martin ou aux laques \u00ab\u00a0fa\u00e7on de Chine\u00a0\u00bb, on les reconna\u00eet ordinairement au bois de grain fin &#8211; du poirier dans la plupart des cas &#8211; qui leur sert de support.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Le vernis Martin, mis au point en 1728, supportait davantage d\u2019\u00eatre cintr\u00e9 que les laques v\u00e9ritables. Ainsi, il fut largement utilis\u00e9 pour uniformiser des fa\u00e7ades de meubles. Aussi, il prenait pour motifs les mod\u00e8les des peintres \u00e0 la mode, suivant ainsi le go\u00fbt pictural du XVIIIe si\u00e8cle, se diff\u00e9renciant des productions import\u00e9es d\u2019Asie.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97402&Prime; media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb122588&Prime;][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb122677&Prime;]Les fa\u00efences et la porcelaine de style Louis XVI[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb878350&Prime;]Sous le r\u00e8gne de Louis XVI, les fa\u00efenciers ma\u00eetrisent aussi bien le d\u00e9cor au grand feu que celui au petit feu &#8211; dit aussi \u00ab\u00a0feu de moufle\u00a0\u00bb &#8211; introduit par Paul Hannong \u00e0 Strasbourg entre 1748 et 1750. Alors que le premier n\u2019autorise qu\u2019une gamme de couleurs r\u00e9duite (bleu, jaune, violet, vert, noir, gris et rouge), le second \u00e9largit sa palette \u00e0 des teintes d\u00e9licates que le grand feu d\u00e9truirait.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>La premi\u00e8re technique exige de d\u00e9poser le d\u00e9cor sur l\u2019\u00e9mail cru et de le cuire \u00e0 une temp\u00e9rature tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e. Expos\u00e9s \u00e0 une telle chaleur, les \u00e9maux fondent et tendent \u00e0 se m\u00e9langer, les couleurs fusent. Une fois la pi\u00e8ce cuite, on constate r\u00e9guli\u00e8rement une aur\u00e9ole de couleur p\u00e2le cernant le d\u00e9cor. Seul le rouge offre des lignes nettes.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Le petit feu permet quant \u00e0 lui de d\u00e9poser le d\u00e9cor sur une pi\u00e8ce d\u00e9j\u00e0 \u00e9maill\u00e9e. De cette mani\u00e8re, le d\u00e9cor adh\u00e8re \u00e0 la pi\u00e8ce sans \u00eatre \u00e0 la temp\u00e9rature \u00e9lev\u00e9e de celle du grand feu. Sans risque d\u2019\u00eatre br\u00fbl\u00e9es, les couleurs plus fragiles et plus subtiles peuvent \u00eatre employ\u00e9es dont la c\u00e9l\u00e8bre pourpre de Cassius et le d\u00e9cor \u00e0 l\u2019or.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Bien que le petit feu permette \u00e0 la fa\u00efence de se rapprocher de la finesse color\u00e9e de la porcelaine, certains centres ne se r\u00e9soudront jamais \u00e0 l\u2019employer ; Nevers fut de ceux-l\u00e0.[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97382&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb174504&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb118614&Prime;]La porcelaine appara\u00eet tardivement en France. Son secret bien gard\u00e9 en Asie fit la richesse de la Chine et du Japon. Finalement, c\u2019est \u00e0 Meissen en Allemagne au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle que fut d\u00e9couvert l\u2019ingr\u00e9dient indispensable \u00e0 la recette de la porcelaine dure : le kaolin, une argile blanche.<br \/>\nLa France, bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 produire elle aussi une porcelaine immacul\u00e9e, exp\u00e9rimenta tant et tant qu\u2019elle finit par obtenir une porcelaine tendre, dont la fritte (un m\u00e9lange de sable et de soude) \u00e9tait finalement assez proche du verre. Elle dut encore patienter jusque dans les ann\u00e9es 1769 avant que le secret du kaolin ne soit d\u00e9voil\u00e9.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>C\u2019est pourtant bien souvent les pi\u00e8ces de porcelaine tendre qui attirent les collectionneurs ! Cr\u00e9ation sp\u00e9cifiquement fran\u00e7aise du XVIIIe si\u00e8cle, ses qualit\u00e9s ne sont pas celles de la porcelaine dure. N\u00e9anmoins, elle pr\u00e9sente assur\u00e9ment un charme ind\u00e9niable s\u00e9duisant \u00e0 coup s\u00fbr les connaisseurs. Sa teinte cr\u00e8me ou ivoire, parsem\u00e9e de petits points sombres comme des grains de vanille, lui donne visuellement une douceur moelleuse dont est tout \u00e0 fait d\u00e9pourvue la porcelaine dure. Peu sonore et jamais brillante, la porcelaine tendre offre une palette de couleurs douces, jamais \u00e9clatantes. La p\u00e2te mise \u00e0 nu par une \u00e9grenure peut-\u00eatre ray\u00e9e \u00e0 la pointe d\u2019une aiguille, ce qui est beaucoup plus difficile sur la porcelaine dure. Cette derni\u00e8re sonne joliment mais son allure est froide, son d\u00e9cor est net, l\u2019\u00e9clat de son or est remarquable.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb97384&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb154584&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb165067&Prime;]Selon son go\u00fbt, l\u2019amateur du mobilier et des arts d\u00e9coratifs du XVIIIe si\u00e8cle aura donc le loisir de puiser dans la profusion de d\u00e9cors cr\u00e9\u00e9s sous le style Louis XVI. De la d\u00e9licatesse joyeuse et champ\u00eatre des premi\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 humble et \u00e9pur\u00e9e de la fin de r\u00e8gne, la production artistique de meubles et d\u2019objets d\u2019art a largement suivi le caract\u00e8re raffin\u00e9 de Marie-Antoinette. En observant ce style \u00e9voluer d&rsquo;une candeur des premi\u00e8res ann\u00e9es vers une maturit\u00e9 de fin de r\u00e8gne, il semblerait plus juste de baptiser ce style, non pas du nom de son roi, mais bien de celui de son \u00e9pouse.[\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb120686&Prime;]<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Marielle Brie de Lagerac<br \/>\n<\/strong>Historienne de l&rsquo;art pour le march\u00e9 de l&rsquo;art et les m\u00e9dias culturels.<br \/>\nAuteure du blog Objets d&rsquo;Art et d&rsquo;Histoire<\/p>\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la d\u00e9licatesse joyeuse et champ\u00eatre \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 humble et \u00e9pur\u00e9e, le style Louis XVI a largement suivi le caract\u00e8re raffin\u00e9 de Marie-Antoinette. <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":97380,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"none","_seopress_titles_title":"Reconna\u00eetre le style Louis XVI","_seopress_titles_desc":"De la d\u00e9licatesse joyeuse et champ\u00eatre \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 humble et \u00e9pur\u00e9e, le style Louis XVI a largement suivi le caract\u00e8re raffin\u00e9 de Marie-Antoinette. \r\n","_seopress_robots_index":"","content-type":"","footnotes":""},"categories":[162,163],"tags":[],"class_list":["post-97375","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-dossier-art-antiquites","category-glossaire-art-antiquite-brocante"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97375","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=97375"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97375\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":104809,"href":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97375\/revisions\/104809"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/97380"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=97375"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=97375"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=97375"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}