{"id":96050,"date":"2021-11-29T11:05:18","date_gmt":"2021-11-29T10:05:18","guid":{"rendered":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/?p=96050"},"modified":"2024-02-10T17:10:53","modified_gmt":"2024-02-10T16:10:53","slug":"malachite-pierre-semi-precieuse-vert-russe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pipat-antiquites.fr\/fr\/malachite-pierre-semi-precieuse-vert-russe\/","title":{"rendered":"La Malachite"},"content":{"rendered":"<div class=\"wpb-content-wrapper\"><p>[vc_row unlock_row_content=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb row_height_percent=\u00a0\u00bb0&Prime; override_padding=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb h_padding=\u00a0\u00bb2&Prime; top_padding=\u00a0\u00bb1&Prime; bottom_padding=\u00a0\u00bb5&Prime; overlay_alpha=\u00a0\u00bb50&Prime; gutter_size=\u00a0\u00bb3&Prime; column_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; shift_y=\u00a0\u00bb0&Prime; z_index=\u00a0\u00bb0&Prime; row_height_use_pixel=\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb][vc_column column_width_use_pixel=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb gutter_size=\u00a0\u00bb3&Prime; font_family=\u00a0\u00bbfont-134980&Prime; overlay_alpha=\u00a0\u00bb50&Prime; shift_x=\u00a0\u00bb0&Prime; shift_y=\u00a0\u00bb0&Prime; shift_y_down=\u00a0\u00bb0&Prime; z_index=\u00a0\u00bb0&Prime; medium_width=\u00a0\u00bb0&Prime; mobile_width=\u00a0\u00bb0&Prime; zoom_width=\u00a0\u00bb0&Prime; zoom_height=\u00a0\u00bb0&Prime; column_width_pixel=\u00a0\u00bb800&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb480809&Prime;]Au milieu du XVIIIe si\u00e8cle, une minorit\u00e9 de peintres &#8211; dont sont Oudry et Natoire &#8211; broient encore obstin\u00e9ment la malachite pour obtenir du vert plut\u00f4t que de m\u00e9langer du bleu et du jaune. \u00c0 l\u2019aube du XIXe si\u00e8cle pourtant, de toutes nouvelles perspectives attendent cette pierre. En 1758, le magnat russe de la m\u00e9tallurgie Alexei Turchaninov acquiert la mine de Gumyoshevsky dans laquelle il entreprend l\u2019extraction du min\u00e9ral vert dont on exploite surtout, et depuis longtemps, sa richesse en cuivre. Rapidement, l\u2019entrepreneur parvient \u00e0 valoriser cette pierre au point de faire exploser sa demande. Des ann\u00e9es 1770 aux ann\u00e9es 1810, Turchaninov est le principal fournisseur de malachite en Russie et en Europe pour la cr\u00e9ation de petits objets d\u00e9coratifs. Pour le moment, les lapidaires se heurtent \u00e0 la mollesse de cette pierre, se r\u00e9signant \u00e0 l\u2019utiliser en petits placages associ\u00e9s \u00e0 d\u2019autres mat\u00e9riaux. La malachite encadre ou sert d\u2019arri\u00e8re-plan, elle souligne et met en valeur, \u00e0 la mani\u00e8re du bronze auquel on commence \u00e0 l\u2019associer ; le r\u00e9sultat est en effet tr\u00e8s heureux.[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb96055&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb689985&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb147013&Prime;]Nicolas Demidov (1773 &#8211; 1828), dont la famille poss\u00e8de des ateliers lapidaires et exploite les mines de Nijni Taguil ou Iekaterinbourg, commande justement en 1819 au bronzier Thomire (1751 &#8211; 1843) la monture d\u2019un vase monumental en malachite, aujourd\u2019hui conserv\u00e9 au MET Museum. Quelques objets de grande taille ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s mais il s\u2019agit alors d\u2019une prouesse remarquable. En 1808, certaines de ces dispendieuses et rares r\u00e9alisations sont offertes \u00e0 Napol\u00e9on Ier et d\u00e9corent toujours aujourd\u2019hui le Salon des Malachites au Grand Trianon.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb96053&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb118118&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb203308&Prime;]Il fallut de nombreux essais pour parvenir \u00e0 travailler la malachite comme on le faisait d\u2019ordinaire des autres pierres dures. La technique lapidaire florentine fut notamment mise \u00e0 contribution par le biais du mosa\u00efste romain Francesco Belloni \u00e0 Paris et de son confr\u00e8re Luigi Moglia appel\u00e9 \u00e0 Saint-Petersbourg par le tsar Nicolas Ier (1796 &#8211; 1855). Bient\u00f4t, la mani\u00e8re russe se distingua de la florentine. Alors que les pietre dure s\u2019appliquaient \u00e0 cr\u00e9er un motif artistique, la mani\u00e8re russe entendait reproduire la surface monolithique de la pierre. Elle poussait m\u00eame l\u2019exercice jusqu\u2019\u00e0 plaquer des surfaces planes aussi bien que des surfaces arrondies ou en relief.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_custom_heading uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb162402&Prime;]Marqueterie lapidaire russe[\/vc_custom_heading][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb211093&Prime;]Apparue dans les ann\u00e9es 1780, la mani\u00e8re russe renonce donc \u00e0 fa\u00e7onner la malachite dans sa masse et emploie, pour les petits comme pour les grands objets d\u2019art d\u00e9coratif, une \u00e2me de<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>m\u00e9tal ou, plus rarement, de pierre calcaire de Putilov. De minces lamelles de malachite de 2 \u00e0 4 millim\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur sont coll\u00e9es sur l\u2019objet et les interstices combl\u00e9es d\u2019une poudre de malachite m\u00eal\u00e9e \u00e0 du mastic. Le tout est \u00e9gris\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 faire dispara\u00eetre les jonctions disgracieuses. \u00c0 l\u2019instar de la marqueterie, les possibilit\u00e9s d\u2019agencement des dessins naturels de la pierre permettent d\u2019obtenir un petit \u00e9ventail de motifs parmi lesquels l\u2019assemblage en \u00ab\u00a0velours froiss\u00e9\u00a0\u00bb donne l\u2019illusion d\u2019un tissu moir\u00e9.[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb95671&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb298576&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb124970&Prime;]L\u2019assemblage bagu\u00e9 ou stri\u00e9 emploie des bandes parall\u00e8les tandis que le radial produit de bels ocelles. En s\u00e9lectionnant des lamelles \u00e0 motifs r\u00e9p\u00e9titifs et en les ordonnant sym\u00e9triquement autour d\u2019un ou de plusieurs plans crois\u00e9s, on obtient un motif dit \u00ab\u00a0\u00e0 deux c\u00f4t\u00e9s\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0\u00e0 4 c\u00f4t\u00e9s\u00a0\u00bb semblable \u00e0 un motif refl\u00e9t\u00e9 dans un miroir.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb95669&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb167732&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb170232&Prime;]Peu \u00e0 peu, les r\u00e9alisations monumentales et les salles des malachites deviennent au XIXe si\u00e8cle le synonyme d\u2019un prestige incontestable. En 1835, la nouvelle cath\u00e9drale Saint Isaac de Saint-Petersbourg est orn\u00e9e de pr\u00e8s de 16 tonnes de malachite. En 1826, le duc de Wellington revient des fun\u00e9railles du tsar Alexandre Ier les bras charg\u00e9s d\u2019une collection d\u2019objets tout droit sortis des ateliers royaux de Ekaterinbourg, Peterhof ou Kolyvan. Puis en 1837, le Palais d\u2019Hiver re\u00e7oit sa somptueuse salle des malachites. \u00c0 Mexico, au ch\u00e2teau de Chapultepec, une salle identique est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de deux portes monumentales \u00e9galement en malachite. \u00c0 Paris dans les ann\u00e9es 1860, l\u2019H\u00f4tel de la Pa\u00efva re\u00e7oit une chemin\u00e9e de ce min\u00e9ral quand elles sont d\u00e9j\u00e0 nombreuses en Russie \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque ; en t\u00e9moigne celle du palais Youssoupov \u00e0 Saint-Petersbourg.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb96057&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb159421&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb151379&Prime;]Dans les ann\u00e9es 1860 s\u2019amorce d\u00e9j\u00e0 le d\u00e9clin de la malachite, d\u00e9tr\u00f4n\u00e9e par le lapis lazuli. Les productions monumentales trop on\u00e9reuses sont abandonn\u00e9es par les ateliers royaux qui poursuivent, avec d\u2019autres ateliers priv\u00e9s, la cr\u00e9ation de petits objets, bougeoirs, tabati\u00e8res, bo\u00eetes. Il est aujourd\u2019hui bien difficile de distinguer les productions de ces diff\u00e9rents ateliers qui \u00e9rigent le travail de la malachite comme un artisanat d\u2019art russe. En Russie, la pierre verte marque profond\u00e9ment les esprits. Le recueil de contes The Malachite Box, \u00e9crit par Pavel Bazhov entre 1936 et 1945 devient un classique au point qu\u2019une \u00e9dition de luxe orn\u00e9e de malachite est expos\u00e9e \u00e0 l\u2019Exposition Universelle de New-York en 1939. Au tournant du XXe si\u00e8cle et jusque dans les ann\u00e9es 1930, la malachite perd un temps de sa superbe avant que l\u2019Art Deco ne lui offre un second souffle, l\u2019inscrivant dans une modernit\u00e9 sobre, \u00e9l\u00e9gante, raffin\u00e9e. Pietro Fornasetti (1913 &#8211; 1988) poursuit cette d\u00e9marche par la cr\u00e9ation de pi\u00e8ces contemporaines empruntant autant \u00e0 la dorure des anciennes montures de bronzes qu\u2019aux arts d\u00e9coratifs des XVIIIe et XIXe si\u00e8cle. Aujourd\u2019hui, la malachite ne convoite plus le monumental mais ses verts moir\u00e9s continuent de transformer d\u00e9licatement parures et petits objets en bijoux raffin\u00e9s.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb95555&Prime; caption=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100&Prime; uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb137733&Prime;][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb132486&Prime;]<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Marielle Brie de Lagerac<br \/>\n<\/strong>Historienne de l&rsquo;art pour le march\u00e9 de l&rsquo;art et les m\u00e9dias culturels.<br \/>\nAuteure du blog Objets d&rsquo;Art et d&rsquo;Histoire<\/p>\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Empruntant sans doute son nom au grec \u00ab\u00a0malakos\u00a0\u00bb, mou, la malachite est ind\u00fbment priv\u00e9e de la premi\u00e8re qualit\u00e9 des pierres dures. R\u00e9duite longtemps en fards ou pigments, elle \u00e9blouit enfin le XIXe si\u00e8cle dans des proportions qui ont \u00e0 c\u0153ur de rattraper le temps perdu.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":96055,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"none","_seopress_titles_title":"La Malachite","_seopress_titles_desc":"M\u00e9connue tant dans son artisanat quand dans son emploi, la malachite remporta pourtant tous les succ\u00e8s au XIXe si\u00e8cle, de la Russie jusqu&#039;\u00e0 Paris. 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